Approche pédagogique

Mon approche à l’enseignement font référence aux pédagogies critiques et radicales et en particulier à la pensée de Paulo Freire et bell hooks. bell hooks appelle les personnes impliquées dans l'enseignement à se positionner visiblement dans une pédagogie engagée, capable d'ouvrir des espaces de parole et d’écoute. Combattre la posture de silence où le modèle d'enseignement et d'apprentissage dominant renferme les étudiant.e.s signifie, pour nous, s’efforcer à sortir de sa zone de confort en classe, s'afficher, dire qui on est, visibiliser les mécanismes de pouvoir qui gouvernent la classe et que nous sommes tous et toutes censé.e.s respecter (et dans le cas des enseignant.e.s incarner) au moment où nous partageons cet espace. Cette attitude produit une sorte de faille dans l'espace de la classe qui permet d’injecter le virus de contre production du savoir. Cela permet de mettre en place un processus de libération de la parole. Mais dans l'université, l'espace de libération de la parole n'est pas compris dans la planimétrie, il faut le construire.
Co-créer un espace bienveillant (Prieur, 2015) dans un espace d'oppression et de violence institutionnelle, favorise la prise de parole, développe la confiance réciproque, fait circuler les réflexions et facilite le partage des expériences et des parcours de vie. Introduire dans la salle de classe l’éthique du care, la tendresse radicale, les pratiques militantes, visibiliser les rapports de dominations, en commençant par celles qui existent à l’intérieur de l'espace académique, parler de race, de genre, de classe en intégrant les vécus contribuent à résister à la production de subjectivités basées sur l’idée de la réussite et de la compétition, à l’éducation à l’assujettissement, à hackerer le système de reproduction du néoliberalisme que l'université se propose d’être. (Pratiques d'hackerage de l'espace universitaire : la brigade SCRUM). Notre travail dans les interstices vise à contribuer à la construction d’une communauté imaginée d’enseignant.e.s engagé.e.s dans une transmission des savoirs centrés sur l’empuissement plutôt que sur le pouvoir, sur la bienveillance plutôt que sur l'autorité.