Degen(d)ereted Euphoria

Degen(d)erated euphoria est une performance collective centrée sur la libération des normes, le parcours de reconstruction du sujet et les processus de transmission d'un corpus de textes. S’approprier un texte signifie entrer en contact avec une pensée qui n’appartient plus à son auteur.e mais vit de façon autonome, voyage et se libère du papier imprimé pour circuler et prendre forme dans un corps collectif.
Cette performance propose d’aller au-delà du binôme théorie/pratique en montrant que la pensée se matérialise directement dans les corps, qu’elle fait partie intégrante du vécu de chaque personne. En effet, si les théories, les réflexions et les savoirs ne permettent pas de déconstruire la pensée dominante entraînent toutefois une série de transformations du corps quand il exerce sa liberté d’être et de devenir.
Le parcours intellectuel et corporel que chaque personne commence donc à partir de son entrée en contact avec certaines idées, mais n’est pas possible sans un corps collectif fort qui s’approprie les mots, développe la pensée et construit les actions.


Conception : Rachele Borghi
Création bande son : Céline Le Corre - artiste sociale, réalisatrice de documentaires audio
Remix Massiv Attack, Paradise Circus : par Céline Le Corre et Daniel Paboeuf
Voix : Rozenne Fournier, Myriam Gautier, Camille Kerdellant, Céline Le Corre, Hélène Mallet, Rozenne Tregoat



Les textes proposés dans la performance appartiennent à des genres différents, du contexte scientifique et philosophique, à celui de la militance ou de l’engagement politique. De cette façon, c’est d’un autre binôme qui est dépassé : celui qui oppose une supposée culture haute et d'expertise, reconnue et légitimée, et une culture basse, qui reste cachée et silencieuse.

Dans Degen(d)ereted euphoria les mots sont tout autant issues de livres, de blogs, de manifestes, de collectifs, de fanzines... Ils circulent et en prenant corps ouvrent, littéralement, vers de nouveaux parcours et d’infinies possibilités d’identités en devenir.

Extraits de la bande son :

« Il est grand temps de parler du sexe. Pour certains, la sexualité peut être un sujet inintéressant, une distraction frivole qui ferait perdre de vue ces problèmes plus cruciaux que sont la pauvreté, la guerre, la maladie, le racisme, la famine ou l’extermination des tous par les armes nucléaires. Mais c’est précisément dans des temps comme les nôtres, où nous vivons sous la menace constante d’une destruction impensable, que les gens sont le plus susceptibles de sombrer dans une folie dangereuse portant sur toutes les questions de sexualité. Les débats contemporains sur les valeurs sexuelles et la conduite érotique ont beaucoup de points en communs avec les querelles religieuses de siècles passés. Ils prennent un poids symbolique extrêmement important. Les querelles sur la conduite sexuelle deviennent fréquemment un moyen de détourner l’attention du public des autres causes d’anxiété sociale et de les décharger de leur intensité émotionnelle. C’est précisément pour cela que l’on se doit d’accorder une attention toute particulière à la sexualité en période de fortes tensions sociales.
Le domaine de la sexualité définit des interactions politiques, des formes d’inégalité et d’oppression qui lui sont propres. Comme c’est le cas pour les autres aspects du comportement humain, les formes institutionnelles concrètes qui régissent la sexualité, en n’importe quel lieu et n’importe quelle époque, sont des produits de l’agir humain. Elles sont traversées par des conflits d’intérêt et des manœuvres politiques, tant délibérés qu’accidentels. En ce sens, le sexe est toujours politique ».
Gayle Rubin, Penser le sexe. In « Surveiller et jouir ». Paris : Epel (texte originale: Thinking Sex. Notes for a Radical Theory of the Politics of Sexuality, 1984).
« Je traverse la frontière de vos propres névroses Et m’installe juste là où je veux être, Où je regarde tel un insecte agacé qui mute Que vous ne pourrez pas tuer »
Diana J. Torres, Trasfrontera. In « Pornoterrorismo », Txalaparta, 2011.

« Je [mute] pour trahir ce que la société a voulu faire de moi, pour écrire, pour baiser, pour ressentir une forme de plaisir post-pornographique, pour ajouter une prothèse moléculaire à mon identité transgenre low-tech faite de godes, de textes et d’images en mouvement […] »
Paul B. Preciado, Testo Junkie. Sexe, drogue et biopolitique, Parigi, Grasset, 2008.

« Nous savons que le corps s’est mis à signifier comme ça mais que nous pouvons le faire signifier autrement. Le genre peut être pensé comme les effets de certaines pratiques culturelles […]. Mais nous pouvons nous approprier ce processus et faire ce que nous voulons de notre sexe et du masculin et du féminin »
AAVV, Q comme Queer, Lille, GayKitschCamp (QuestionDeGenre/GKC), 1998.

« J’existe à travers ce trouble mais aussi par cette force, cette liberté […]. Je m’octroie le droit d’être ce que je décide quand je le décide. Rien n’est posé, rien n’est parfait ».
Dirty Week End, Journal d’une butch par ses mots, 2012.






Dans le cadre de « Là se délasse Lilith... » de Marinette Dozeville Le Cellier, Reims, 13 janvier 2018.
Ateliers du Genre, Théâtre des Cordes, CNC Centre Chorégraphique National, Caen, 15 février 2018.
Festival Jerk off #10, La politisation du corps de la femme, Le Point Ephémère, Paris, 23 septembre 2017.
Manifestation pour le mois de mars, Rennes, 19 mars 2013.
QueerArtLab, serata conclusiva, Madrid, 12 juillet 2013.
SOS Fornace, Rho, Milan.
Université Populaire, Association PAF ! Pour une Alternative Féministe ! Féminisme en tous genres, Bayonne, 7 décembre 2013.
Ladyfest, Rennes, 1er juin 2012.
Pornoterrorismo, Nantes, (avec Diana Pornoterrorista)? 22 juillet 2012.
Weird festival, Rome, 6 octobre 2012.
Muestra Marrana, Barcellona, (avec Missmistère)? 1er décembre 2012.